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Voyage d’étude les 7 et 8 décembre à Tournai et Roubaix

Ce 7 décembre 2021, l’AAPF était chaleureusement accueillie dans l’enceinte même de ce bel édifice  par le bourgmestre de Tournai, Paul-Olivier Delannoy, ancien député et Julien Foucart, Conservateur du Musée des Beaux-Arts.

Ce musée est un ensemble patrimonial exceptionnel par son architecture et par ses collections artistiques. Il est le seul musée conçu en tant que tel par l’architecte Victor Horta et possède une importante collection d’œuvres modernes, offertes par le mécène bruxellois Henri Van Cutsem.

Deux peintures majeures de Manet, « Argenteuil » et « Chez le Père Lathuille » y sont également exposées. Malheureusement de nombreuses pièces du musée (5000) ne peuvent être montrées actuellement au public. De superbes tapisseries de l’histoire de Jacob en provenance de la cathédrale de Tournai sont les rares témoins de la Renaissance à Tournai et font l’admiration du visiteur.

Nous avons eu la grande chance de découvrir ces belles richesses et remercions très sincèrement M. le Bourgmestre d’avoir été présent au musée des Beaux-Arts et de nous avoir consacré un peu de son temps très précieux.

Pour tous les membres ce fut un ravissement de pouvoir admirer ce chef-d’oeuvre de l’architecture de l’Art nouveau en Belgique.

Quel privilège pour les membres de l’AAPF que d’avoir pu admirer lors d’une visite guidée « LA PISCINE- Musée d’art et d’industrie de Roubaix ».

A l’origine ce fut d’abord une piscine municipale, chef-d’œuvre d’art déco.
Le maire de l’époque, Jean-Baptiste Lebas, d’origine ouvrière,  la fit construire en 1932 et y adjoignit les bains-douches très nécessaires à cette époque.

Roubaix était alors très prospère; on en parlait comme de la capitale mondiale de la laine !

Le complexe est organisé autour d’un jardin et de la roseraie, à l’image des abbayes cisterciennes. Le bâtiment principal accueille le bassin, éclairé de vitraux qui symbolisent le soleil levant et le soleil couchant. Il est encadré de baignoires disposées sur deux étages. Il comprend d’autres services comme des bains de vapeur et une laverie industrielle.
Le bâtiment commence à se dégrader dans les années 1970, mais la piscine reste en activité jusqu’en 1985, date à laquelle elle est fermée pour raisons de sécurité, comme beaucoup de piscines en ces périodes de disette de moyens publics.

En 1990, le conseil municipal et la direction des Musées de France valident l’actuel projet de reconversion de la piscine.

À la suite d’un appel international à projets en décembre 1993, le chantier est confié à l’architecte Jean-Paul Philippon. C’est ce même architecte qui a transformé la gare d’Orsay à Paris en magnifique musée tel que nous le connaissons. Les travaux s’échelonnent de janvier 1998 à la fin de l’automne 2001 et l’inauguration du musée a lieu le 20 octobre 2001. Il bénéficie alors d’importants dépôts des musées nationaux, où la sculpture est fortement représentée, notamment dans la donation du musée d’Orsay.

La vie du musée « La Piscine » démarre alors fortement et dès son ouverture  accueille plus de 200000 visiteurs, actuellement on parle d’environ 350000 visiteurs par an. De 2011 à 2013 le musée est rénové et surtout agrandi. L’ajout couvre une extension contemporaine de 2300 m2.

Le visiter c’est découvrir une merveilleuse collection de sculptures surtout du 19e siècle et énormément d’œuvres picturales d’artistes régionaux mais aussi belges. La première des découvertes reste, pour moi,  toutefois le bâtiment, son jardin, son restaurant. Tout y est d’une beauté comme peut l’offrir l’architecture de l’Art déco !

 

Henri Simons

C’est par la visite d’une grande réalisation de l’architecture moderne, la « Villa Cavrois » à Croix, que notre séjour s’est terminé.

Nous avons eu la grande chance de bénéficier d’un guide passionné qui faisait partie, par ailleurs de notre groupe, Pierre Jacob et qui fut intarissable sur l’histoire de la villa, que nous définirions plus justement de « dernier grand château » industriel local.

Sur le mode du très grand luxe, l’architecte Robert Mallet-Stevens magnifie ce qui sera sa commande la plus importante : « la Villa Cavrois » à Croix (1932).

A la demande d’une grande famille roubaisienne du textile recomposée et à la nombreuse progéniture, l’architecte parisien prend le parti de larges ouvertures de la demeure. Il multiplie les effets lumineux, les surfaces brillantes et ponctue l’ensemble d’une piscine extérieure et d’un miroir d’eau.
Nous serons surpris par les équipements domestiques d’une grande modernité et d’une vision hygiéniste caractérisée par de nombreuses salles de bains spectaculaires.
Cette demeure privée avant-gardiste tournée vers l’extérieur fait dialoguer les couleurs de sa décoration avec celle du jardin. Jardin que l’on contemple depuis les terrasses et balcons.
Après avoir été longtemps à l’abandon et avoir fait l’objet de multiples tractations, la Villa Cavrois a été classée monument historique en 1990 puis rachetée par l’Etat en 2001. Ce lieu prestigieux, représentatif de l’âge d’or de l’industrie textile à Roubaix, ne laissa personne indifférent.

Encore une belle découverte que nous conseillons à nos membres !

 

Anne André-Léonard