Notre visite en Communauté germanophone

Notre visite en Communauté germanophone

Jeudi 27 juin 2019, 11 heures,  Gare d’Eupen.

Sous une agréable douceur estivale nous nous sommes retrouvés, qui descendant du train, qui descendant d’un taxi, qui garant sa voiture, autour de nos deux amis Joseph Maraite et Albert Gehlen.

Ils seront nos guides d’un jour pour nous permettre de découvrir la Communauté  germanophone et la ville d’Eupen.

Une petite promenade «  apéritive » nous amène devant le Musée « vivant » Stadtmuseum, au centre de la ville. Ein Haus voller Geschichten ! La maison « de Rus » (la rose) au joli pignon en pointe, érigée en 1697 pour le drapier Nikolaus Pelzer abrite le musée.

Découvrir, apprendre et se divertir – Le musée nous emmène vers l’âge d’or de la ville d’Eupen.

Au 18ème siècle, l’industrie et le commerce lainier transforment la cité d’Eupen en centre drapier de renommée internationale.

Une première salle  d’accueil, récemment inaugurée évoque l’impact de cette industrie sur la vie quotidienne des habitants. Une multitude d’objets, choisis par des bénévoles voulant participer à l’édification de ce musée,  illustre la diversité des traditions religieuses et folkloriques propres à la ville : étoffes, bois, fêtes locales, Le journal quotidien de la communauté germanophone interdit par les nazis, l’histoire frontalière mouvementée.

Les couloirs du musée sont décorés de magnifiques tableaux évoquant la vie des riches marchands, montrant comment s’est forgée l’architecture de la ville haute : façades de pierres, cheminées, escalier Herve, vitraux , dont celui de «  la Rose «  de l’artiste André Blank (1914-1987).

De nombreuses salles nous font découvrir de magnifiques horloges, des poteries de Raeren, la mode entre 1805 et 1975, l’orfèvrerie, une collection de pipes et bien sûr le fil de laine et la confection du drap.

La ville basse, plus jeune 19ème,  plus industrielle se dessine le long des rives de la Vesdre et s’émancipe petit à petit de la bourgeoisie. On y découvre une magnifique Eglise néogothique.

Le temps nous a manqué pour approfondir notre découverte de cette belle ville et de son histoire.

Nous étions attendus à quelques mètres de là, à l’Hôtel de ville, par le Président du gouvernement de la Communauté germanophone Oliver PAASCH.

Monsieur le Président Paasch nous a accueillis chaleureusement et  a salué particulièrement nos deux collègues Joseph Maraite et Albert Gehlen qui ont à leur façon participé grandement au développement de la Communauté germanophone et de sa structure actuelle. Il nous a dit toute sa fierté d’être le seul gouvernement  constitué depuis les élections. Qui plus est, a su créer un compromis afin que culture et langue différentes parviennent à vivre en paix.

Il nous a décrit les différents aspects de la diversité de la région et se dit satisfait du statut d’autonomie communauté/région avant l’heure !

Deux ambitions : transfert provincial et devenir une entité fédérée traitée sur un pied d’égalité.

Européen convaincu, son gouvernement s’emploie à développer de plus en plus de coopérations (services de secours, formation etc..) entre les régions et pays voisins particulièrement Flandre, Luxembourg, Allemagne.

« En communauté germanophone, on calcule toujours comme les Allemands, on vit comme les Français et on a une qualité de vie comme les Romains ! ».

Notre Président Michel Foret a ensuite pris la parole pour remercier notre hôte du jour.

Après l’intervention de Michel Foret, quelques questions ont été posées à Monsieur Paasch par nos amis  Paul-Henry, Valmy Féaux et Jean-Maurice Dehousse : arguments pour une 4ème région, relations avec la Flandre limitrophe, usage des langues, oubli de la région Bruxelles-capitale flux migratoire.  A l’heure actuelle, il n’y a pas d’ambition pour une 4ème région sauf si une nouvelle réforme institutionnelle arrivait sur la table. La Communauté germanophone a déjà 82% d’autonomie ! Le président n’est pas demandeur d’une réforme de l’état. La Communauté développe de nombreux accords de coopération avec la Région flamande (inspecteurs dans les hôpitaux par exemple). Des gouvernements conjoints se tiennent déjà avec la Flandre. Des gouvernements trilatéraux Rhénanie/ Région wallonne/ Communauté germanophone ont lieu également voulant ainsi jouer un rôle de pont entre l’Allemagne et la Belgique et créer ainsi une valeur ajoutée pour la Belgique. En ce qui concerne la question linguistique, de nombreuses mesures sont prises pour améliorer la maîtrise de la langue française (enseignements maternel et primaire bilingues, maîtres particuliers en français en primaire, idem en néerlandais). Quant à l’ «oubli » de Bruxelles, le président nous dit que c’est plus facile avec les autres régions.

La Communauté germanophone ressent une grande pénurie d’emplois dans de nombreux domaines et développe donc une politique d’accueil en particulier des jeunes étrangers.

Après cet intéressant échange entre le Ministre-président et notre groupe, un délicieux apéritif nous a été offert, après quoi nous nous sommes rendus pour déjeuner au restaurant tout proche  «  Couleur rouge ».

Dernière étape de notre journée : une visite-entretien au Parlement de la Communauté germanophone.

Ancien sanatorium rénové et agrandi sur les hauteurs d’Eupen – Kehrweg, le Parlement est un beau bâtiment ouvert,  accueillant  et lumineux.

Nous sommes accueillis  chaleureusement par la Vice-présidente Madame Patricia CREUTZ qui nous prie d’excuser l’absence du Président, notre ami Karl-Heinz Lambertz.

Après une introduction d’accueil, nous nous rendons dans la salle plénière où un film retraçant l’historique et l’actualité du Parlement nous est proposé.

S’ensuit un long échange de vues  entre tous les participants et animé en particulier par Joseph Maraite, Albert Gehlen, Gustave Hofman, Jean-Maurice Dehousse.  La dimension européenne et l’espoir de la Communauté germanophone d’accéder à sa reconnaissance et d’obtenir un représentant européen germanophone sur le quota belge ont été l’objet d’un débat animé.

Notre magnifique journée touche à sa fin et nous nous quittons sous un soleil radieux avec dans nos esprits de nouvelles questions, de nouveaux doutes et de nouvelles certitudes, en comprenant mieux le passé et avec la volonté de toujours construire le meilleur avenir possible.

«  Je fais deux pas, elle recule de  deux pas. Je fais dix pas et l’horizon est instantanément à dix pas devant. Je peux marcher aussi longtemps que je veux, je ne l’atteindrai jamais. A quoi sert donc l’utopie ? A cela précisément : à vous faire marcher »

Eduardo Galeano.

Marie-Josée LALOY

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