Visite du Centre Spatial de Liège et de l’Exposition Touthankamon

Visite du Centre Spatial de Liège et de l’Exposition Touthankamon

Le 11 février 2020, une délégation de l’AAPF s’est rendue au Centre spatial de Liège (Sart Tilman).

Les membres ont été chaleureusement accueillis par les responsables du CSL et ont assisté à divers exposés particulièrement intéressants. C’est M. Serge Habraken, Directeur académique et scientifique, qui introduira la conférence et nous éclairera entre autre de l’importance du Centre d’excellence optique qui fait la fierté du CSL. Il nous parlera de la résistance aux vibrations, du calibrage des instruments, des signaux qui seront détectés, des milliards d’images qui apparaîtront et bien sûr des satellites d’observation de la terre qui seront équipés de ces technologies. Il ne manquera pas de nous entretenir également du « Solar Orbiter » qui a été lancé très récemment et dont le CSL est à l’origine de l’instrument EVI (Extreme Ultraviolet Images) qui fera des images du soleil avec une très grande résolution spatiale. Le Solar Probe Plus nous conduira 25 fois plus près du soleil que la terre. Les instruments seront plongés dans la couronne solaire. Le but étant d’élucider le mystère du chauffage de cette couronne solaire et de comprendre les mécanismes qui accélèrent les particules éjectées du soleil. Sans être des spécialistes de l’espace, toutes ces explications nous ont permis de mieux comprendre l’intérêt de ce secteur de pointe.

Ce fut ensuite au tour de notre ancienne collègue Dominique Tilmans qui fut responsable du Groupe Espace du Sénat, de prendre la parole. Il y a une vie après la politique et c’est donc tout naturellement que Dominique Tilmans s’est engagée à défendre la formation au sens de la transmission de connaissances. Formation au sens de la découverte, pour inoculer la passion et amener les jeunes dans le milieu de la recherche spatiale. Elle est aujourd’hui Vice-Présidente de la Fédération internationale d’Aéronautique. Elle nous parlera avec une réelle passion du rôle des satellites. Ces satellites permettent des prévisions météo à 4 jours, qui analysent en permanence la qualité de l’air, qui informent sur le rayonnement solaire. Ces satellites qui surveillent la terre et sont particulièrement intéressants pour le secteur agricole car de nombreux tracteurs sont équipés d’un GPS et téléguidés par satellite. L’agriculteur sait donc quand il peut pulvériser, épandre ou arroser. C’est un gain de temps considérable dans la précision du guidage, dans les travaux de nuit ou dans le brouillard.
Le secteur maritime profite largement des informations transmises par satellite, que ce soit le contrôle de la pêche, la lutte contre la pollution, le piratage, la pêche sauvage, la qualité et la sécurité des océans, l’augmentation du trafic maritime, …
La terre aussi est bien surveillée et grâce aux satellites bon nombre de catastrophes sont prévisibles et permettent une plus grande sécurité. Les tremblements de terre, les inondations, les irruptions volcaniques, les tsunamis, les ouragans sont détectés et leur gestion est possible. Un système d’alerte mondial et de localisation de radiobalise permet de sauver des milliers de vies, sur terre et sur mer. La sécurité est renforcée car grâce aux satellites, une surveillance accrue permet de gérer les délits de piraterie, de crime organisé, de narcotrafic, de circulation d’armes, d’immigration clandestine, de terrorisme, … Tous les jours, dans notre vie, nous profitons de ces technologies et des services qui améliorent notre quotidien : GOS, Gsm, Internet, prévisions météo, retransmission télé, google maps, infos trafic, skype, etc .. Alors merci à cette évolution et à nos chercheurs grâce à qui nous utilisons ces satellites. Merci aussi à Dominique TILMANS d’avoir de manière très didactique mis l’accent sur l’importance et l’enjeu de développer plus encore des technologies du futur. L’espace coûte 40€ par an et par européen. Les services rendus sont inestimables ! Ce sera ensuite au tour de M. Valéry BROUN de nous entretenir de l’activité spatiale en région liégeoise et plus particulièrement du rôle de la SA AMOS, créée en 1983 sur base de l’expertise mécanique des « Ateliers de la Meuse » et du savoir-faire optique de l’Institut d’Astrophysique de l’Université de Liège. Cette société s’est spécialisée dans la conception et la réalisation de systèmes optiques, mécaniques et opta-mécaniques de très grande précision destinés à l’industrie spatiale. D’autres grandes entreprises tels que la Sogepa, Siemens, Gotech, Deltatec, SpaceBel, Safran collaborent ensemble à la mise au point d’un très beau projet : le télescope Einstein, détecteur de 3ème génération d’ondes gravitationnelles. Les exposés se termineront par la prise de parole de M. Théo PIRARD, journaliste scientifique qui mettra l’accent sur les activités et les perspectives du secteur spatial. Il s’inquiétera de l’influence grandissante du privé sur la dimension de l’espace et sur les systèmes spatiaux « low cost » et ses futures odyssées prévisibles des vols habités. Une matinée bien remplie qui nous permit également de visiter les installations du CSL. Des équipements remarquables sont constitués de cuves de différents diamètres installées dans des salles ultra-propres et permettant de simuler l’environnement spatial sévère dans lequel les satellites et leurs instruments devront fonctionner. Il sera temps pour la délégation de revenir les pieds sur terre et de se retrouver autour d’une table bien sympathique pour un déjeuner bien mérité ! Nos hôtes se prêteront bien volontiers à un « questions-réponses » et notre Président les remerciera chaleureusement pour leur disponibilité, leur connaissance approfondie d’un secteur de pointe et l’enthousiasme qu’ils mettent à transmettre leur science à la jeunesse. Une partie des membres de l’AAPF profitera de notre présence à Liège pour visiter la très belle exposition « Toutankhamon » à la gare des Guillemins. C’est en effet une première mondiale et liégeoise. Cette expo accueille une reconstitution à l’identique du tombeau du pharaon. Un travail de longue haleine réalisé par des liégeois dans leurs ateliers situés à Angleur. M. René Schyns, commissaire général de l’exposition, nous emmènera sur les traces de l’archéologue Howard Carter lorsqu’il découvrit la tombe en 1922. Chacun parcourra ensuite cette exposition à son rythme et aidé par l’audioguide, où l’accent sera mis sur la recherche scientifique et sur la pédagogie. Le narrateur nous racontera la vie au temps du règne de Toutankhamon, la mort du Roi et la fascination qu’il exerce encore aujourd’hui. Une occasion exceptionnelle de découvrir l’histoire non romancée d’Howard Carter ou encore la passion de la Reine Elisabeth de Belgique pour l’Égypte. De nombreux objets archéologiques issus de grands musées européens et de prestigieuses collections privées inconnues du grand public, appuient les récits retraçant les multiples facettes de la vie quotidienne de la XVIIIe dynastique égyptienne (-1550 à -1292). Le tombeau de Toutankhamon est reconstitué avec une série exceptionnelle de productions fidèles réalisées par les ateliers dépendant du Ministère des Antiquités égyptiennes. Le visiteur s’immerge dans la tombe telle qu’elle a été découverte par Carter. Une très belle conception d’exposition, d’envergure internationale que nous n’avons pas regretté de découvrir.

Anne André-Léonard

 

 

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