Et nous recevons Jacques BROTCHI

Et nous recevons Jacques BROTCHI

Face à de nombreux membres de l’AAPF réunis le 16 janvier à l’occasion de la présentation des vœux de l’Association des anciens  parlementaires francophones,  le Baron Jacques Brotchi, ancien sénateur et ancien président du Sénat, commence son exposé.

Le président de notre association Michel Foret remercie l’Assemblée pour cette première réunion de 2020 et souhaite à toutes et tous une bonne année, il souligne le plaisir que nous avons d’accueillir notre orateur.

Il fait un bilan amusant – ou amusé – de la politique de l’année 2019. Quant à l’année 2020, elle sera pour lui  animée sportivement (les jeux olympiques à Tokyo) et politiquement (aura-t-on un gouvernement fédéral ?).

Une année aussi sur l’air de l’Ode à la Joie de Beethoven dont c’est l’année anniversaire.

Michel Foret présente Jacques Brotchi et souligne avec plaisir sa naissance à Liège et sa fidélité au Standard. Avec quelques regrets dans la voie il évoquera cependant son déménagement vers Anderlecht où il prendra ses fonction de neuro-chirurgien à l’hôpital  Erasme … « Un homme comme lui ne pouvait être que médecin, il devait aussi être parlementaire ». Il a parfaitement réussi ses deux fonctions. Il souligne enfin ses qualités humaines et la plus belle : l’empathie en mettant en avant la devise du Baron Brotchi : « Se dépasser sans blesser ni se perdre».

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Jacques est né en 1942 à Liège, pendant la guerre, « pas le meilleur moment pour venir au monde… ». C’était un enfant d’immigrés juifs roumains. Ses parents nés en 29 et en 30 quitteront la Roumanie à cause de l’antisémitisme. Ils étaient tous les deux médecins. Il naîtra à l’hôpital de l’assistance publique « car les autres hôpitaux ne voulaient pas mettre au monde des enfants juifs ! ».

 Notre invité souligne combien grâce à la famille Simon habitant la commune de Comblain-au-Pont, lui et sa famille furent cachés et sauvés. Plus tard il fera reconnaître les membres de cette famille comme Justes parmi les Nations. Le village a été d’une solidarité bonne et efficace.

En 46, c’est à Esneux, que ses parents ont pu travailler ensemble comme dentistes dans un cabinet dentaire, avec un médecin accueillant et s’est donc là qu’il a passé son enfance ! Puis, ce fut l’athénée de Liège où il a retrouvé un Jean Gol déjà volubile, mais en courtes culottes ! Il s’y formera un groupe soudé de latin-sciences sorti en 60 et qui depuis lors organise un banquet annuel à … Liège !

Se poursuit alors le parcours à l’université de Liège où commencera son travail en neurologie, sur la moelle épinière et sur l’anatomie. Il se lance dans la recherche pour aboutir en dernière année au développement de ce qui sera sa spécialité : la neuro-chirurgie.

« Ma vie a changé quand j’ai rencontré Rachel et mes résultats se sont nettement améliorés ». Jolie phrase qui respire l’amour !  Soulignons la présence de Rachel lors de la conférence de Jacques. Grâce à elle  « j’ai pu voir ce que je savais faire vraiment de mes mains ! ». Il devient neuro-chirurgien en 1973.

En 1977, et puis en 1980, l’hôpital Erasme le contacte pour devenir chef de service de neuro-chirurgie. Après un premier refus (ah ! quitter Liège…), il accepte en 1980 et il déménage à Bruxelles pour travailler à Anderlecht sur un site neuf et encore un peu vide… Ce sont Rachel et André Jaumotte qui le poussent à accepter cette offre alléchante. La demande de l’ULB est de mettre en place un nouveau service parfaitement équipé. Il reconnaîtra que ce fut gratifiant de relever ce défi dans un hôpital à peine sorti de terre. Il voulait (heureusement) toujours les premiers nouveaux appareils en Belgique, afin d’être et de rester à la pointe de sa science. Le service grandira passant de 13 à 75 lits ! De 13 lits vides à 75 lits pleins !

Ce développement pu se réaliser grâce à des sponsors privés qui interviendront à raison de 50% dans les investissements et permettront ainsi à Erasme d’être à la pointe de cette spécialisation.

Passant aux anecdotes, nous arrivons à ses vacances au Club Med en Yougoslavie. On l’appelle (via le roi Baudouin) pour soigner d’urgence le président algérien Chadli. L’armée yougoslave viendra le chercher. Ils atterriront en Algérie et repartiront avec le Président algérien vers Bruxelles afin d’être opéré à Erasme, hôpital de pointe !

Autre anecdote, invité à Bucarest en raison de ses origines roumaines, il se découvre en fait moldave et non roumain. Ses  parents étant en effet originaire de Chisinau, la capitale de Moldavie. Il sera d’ailleurs fait docteur honoris causa de l’Université de Moldavie.

Plus tard un médecin de ses amis offrira à sa maman un peu de terre natale prise dans son ancien jardin. Elle en fut évidemment très émue.

Puis viendra le temps de la politique par un appel de Louis Michel. Déjà, il soutenait le MR, on le veut actif et élu. Ce ne sera finalement pas au Parlement européen comme envisagé mais au Sénat où il sera coopté, que commencera sa vie de parlementaire actif. Il prête serment le 8 juillet 2004. En octobre, il fera sa première intervention pour parler bien sûr de santé devant le ministre de la Santé, Rudy Demotte. Cette première intervention sera d’ailleurs à l’origine de la loi Brotchi ! D’autres combats suivront : les numéros INAMI, le numerus clausus ou les ordres des dentistes, des kinés et des infirmières,… Il sera enfin élu président du Sénat de Belgique.

Il évoquera également des souvenirs émouvants : sa rencontre avec John Bercow, et son célèbre Order Order ! Et avec Nancy Pelosi, présidente de la Chambre aux Etats-Unis d’Amérique.

Son mandat de président et de sénateur se terminera le 3 juillet 2019. Double brillante carrière !

Henri Simons

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