Conférence de John Simenon – 6 décembre 2016

Conférence de John Simenon – 6 décembre 2016

Ce 6 décembre, jour de la St Nicolas, l’AAPF recevait un beau cadeau ! En effet, John Simenon, fils du célèbre Georges Simenon, nous faisait le grand honneur d’être parmi nous pour nous « raconter » son père.
Il se définit comme l’héritier et le porteur de ce que représente ce nom, il est responsable de sa transmission.
Simenon, le liégeois le plus connu, le plus prolifique et le plus lu, appartient au patrimoine de l’Humanité. L’œuvre de Simenon est une véritable entreprise à gérer, une PME qui vit encore 30 ans après la mort de l’écrivain. Le rôle de John Simenon est de mettre en contact l’œuvre du père avec son public. Ce père « ouvrier des lettres », grand humaniste, chrétien mais en colère contre l’église, a, sa vie durant, essayé de comprendre l’âme humaine sans la juger. Il n’a pas échappé à sa responsabilité sociale. Il a voué une véritable passion à l’homme, à sa destinée, à sa grandeur mais aussi à sa petitesse. Il a aussi beaucoup aimé les femmes….
Georges Simenon fut l’auteur de 194 romans dont 75 Maigret, de 157 Nouvelles dont 28 Maigret. Il écrivit 200 romans d’aventure « sentimentiques » et 1000 contes. En fait il écrivait 4 à 5 romans par an !
La vie de Georges Simenon se divise en 4 étapes : la première de 1919 à 1922 où il sera reporter et de 1928 à 1935 où il sera journaliste. La deuxième de 1922 à 1930 sera celle de l’écriture des romans populaires. La troisième verra la naissance de Maigret en 1931 et enfin la quatrième en 1932 sera celle de son engagement dans le « roman pur ».
Plus tard, durant la guerre, il reprendra Maigret. Son éditeur Gallimard, faute de moyens et de papier, ne pourra plus imprimer ses romans. C’est alors qu’il écrira ses Maigret sous forme de Nouvelles.
Les rapports entre Gallimard et Simenon deviendront tendus et le romancier décidera de quitter la France et son éditeur. Il signera un nouveau contrat avec les « Presses de la Cité » et prendra la direction de l’Amérique et plus particulièrement de New York en octobre 1945. Il a alors 42 ans et désirera commencer une nouvelle vie. Il se séparera de sa femme et vivra avec Denise Ouimet qui lui donnera deux enfants, John en 1949 et Marie-Jo en 1953. Cette fille chérie se suicidera en 1976.
Pour Georges Simenon, un artiste ne peut jamais être vraiment heureux. Ecrire n’est pas une profession mais une vocation à être malheureux. « Le roman, c’est le drame de l’Homme aux prises avec son destin. Le roman c’est une passion qui vous prend entièrement, qui vous asservit. Le roman c’est la délivrance pour celui qui l’écrit ».
Georges Simenon sera reconnu par les plus grands auteurs du 20ème siècle, qu’ils soient français, anglais, italiens, espagnols ou américains. Il vendra 1 milliard d’exemplaires dans plus de 50 pays et dans 50 langues. Il sera l’auteur le plus traduit dans le monde. Aujourd’hui encore, on estime la vente de ses romans à plus de 500.000 exemplaires chaque année ! On ne compte plus les adaptations de ses Maigret au cinéma ou à la télévision. On cite le chiffre de 70 films et de 400 adaptations au théâtre, à la radio ou à la T.V. Les plus grands acteurs ont interprété le rôle du célèbre commissaire.
John Simenon achèvera sa conférence en rappelant que son père revint en Europe en 1955, et finira par s’installer à Echandens en Suisse. Pour John, les souvenirs marquants sont surtout ceux d’une grande chaleur familiale et ceux de son enfance heureuse dans le petit village de Lakeville, au nord de New York.
Il regrettera que l’actualité de son père se passe surtout en dehors de la francophonie. Il regrettera aussi que le projet de création du Centre Simenon, qui devait voir le jour à Liège, il y a 6 ans déjà, soit au point mort et ne soit pas une priorité pour les forces vives.
La ville de Bologne, en Italie, a par contre débloqué un important budget et une première exposition verra le jour en juin 2017.
Nul n’est prophète en son pays !
De nombreuses questions seront posées par les membres de l’AAPF et John Simenon y répondra avec plaisir. L’assemblée regrettera quant à elle que Georges Simenon n’ait pas reçu le Prix Nobel de littérature.
Le Président Michel Foret, remerciera chaleureusement le conférencier et rappellera une phrase de Georges Simenon qui l’a particulièrement marqué : « le bonheur c’est collectionner les petites joies ».

Les échanges se poursuivront dans la bonne humeur autour du verre de l’amitié.

Anne ANDRE-LEONARD

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